Cas fréquent · Amendes
Amende après vente du véhicule : annuler dans les 45 jours avec le bon dossier
La carte grise est restée à votre nom dans les fichiers administratifs, alors que vous n'êtes plus propriétaire. La démarche de contestation est simple si vous avez les bonnes pièces. Sinon elle se complique vite.
Comité de juristes confirmés
Méthodes vérifiées
Procédures officielles
ANTAI · Service-public
Mis à jour mai 2026
Vérifié à chaque évolution
Pourquoi ça vous arrive
À la vente, vous êtes censé déclarer la cession via le téléservice de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), dans les 15 jours. L'acheteur est censé faire de son côté la demande de nouvelle carte grise dans les 30 jours. Quand l'une des deux étapes manque, ou traîne, vous restez le titulaire enregistré aux yeux du SIV (Système d'immatriculation des véhicules), donc le destinataire de toute amende.
Trois causes habituelles :
- Vous n'avez pas déclaré la cession dans le délai
- L'acheteur n'a pas demandé sa nouvelle carte grise
- Un problème technique a fait que la cession n'a pas été enregistrée
Le certificat de cession et les pièces qui font la différence
La pièce maîtresse est le formulaire Cerfa 15776*02, le certificat de cession, signé par les deux parties, daté du jour de la vente. Si vous l'avez conservé, le dossier est solide.
Pièces complémentaires utiles, à joindre selon ce dont vous disposez :
- Accusé de dépôt de la déclaration de cession sur le site ANTS (capture d'écran datée)
- Annonce de vente publiée (Leboncoin, La Centrale) avec date antérieure à l'infraction
- Reçu de paiement, virement bancaire ou chèque encaissé portant la date de vente
- Carte d'identité de l'acheteur, si vous l'avez conservée
- Tout échange écrit (mail, SMS, WhatsApp) prouvant la date de remise des clés
La procédure pour contester
Vous adressez une requête en exonération à l'officier du ministère public à l'aide du formulaire joint à l'amende, en cochant la case correspondante (généralement « Le véhicule a été vendu, cédé ou détruit »). Vous joignez l'ensemble des pièces dont vous disposez.
Vous pouvez accomplir cette démarche en ligne, sur le téléservice de l'ANTAI (antai.gouv.fr), via la rubrique « Désigner ou contester », ou par courrier à l'adresse figurant sur l'amende. Le service en ligne de l'ANTAI permet de téléverser vos pièces numérisées, à commencer par la déclaration de cession.
Le délai est de 45 jours à compter de l'envoi de l'amende. Au-delà, elle devient majorée et la procédure se complique.
Si vous n'avez plus le certificat de cession
C'est le scénario le plus délicat. Trois pistes à explorer dans l'ordre :
- 1
Contacter l'acheteur
Si vous avez ses coordonnées, demandez-lui une copie. Il a normalement le sien.
- 2
Reconstituer un faisceau d'indices
Annonce de vente datée, virement bancaire, accusé ANTS, mails. À défaut de cession formelle, le faisceau peut convaincre l'OMP, surtout si la date est cohérente.
- 3
Effectuer une déclaration de cession a posteriori
Sur le site ANTS, vous pouvez encore déclarer la cession aujourd'hui, en datant rétroactivement. La déclaration n'efface pas l'amende mais sert de pièce pour la suite.
L'absence totale de pièce
Si l'amende est déjà majorée
Le montant a été multiplié par environ trois (135 € → 375 €). La procédure de retour au montant initial existe et reste accessible. Vous adressez une réclamation à l'OMP en joignant les preuves de cession. La méthode complète est détaillée dans le pack Praticum.
Vente à un professionnel : garage, revendeur ou casse
Les formalités de cession entre particuliers et envers les professionnels sont régies par l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules (modifié en dernier lieu en 2025 pour des points sans incidence sur les cessions). Les délais et formulaires décrits ci-dessous reflètent l'état du texte au 30 mai 2026.
Quand vous vendez à un garage ou un revendeur automobile, le professionnel doit effectuer une déclaration d'achat dans les 15 jours suivant la vente (art. R322-4 Code de la route). Cette déclaration met à jour le SIV et protège le vendeur des amendes postérieures. Contrairement à un acheteur particulier (qui dispose d'un mois pour immatriculer à son nom), le professionnel n'est pas obligé d'immatriculer le véhicule à son nom : il peut le circuler sous plaque W garage le temps de le revendre. Si vous pouvez obtenir la copie du récépissé de cette déclaration d'achat, c'est la pièce la plus solide à joindre à votre réclamation OMP. Elle prouve que le SIV a enregistré le changement de détenteur dans le délai légal.
De son côté, le vendeur dispose de 15 jours après la signature du certificat de cession pour déclarer la vente auprès du ministère de l'intérieur (art. R322-4 Code de la route). L'acheteur particulier dispose d'un mois pour faire établir un certificat d'immatriculation à son nom (art. L322-1 Code de la route). Si l'acheteur ne le fait pas, le SIV reste au nom du vendeur et les amendes continuent d'arriver chez lui.
Cas de la remise à la casse (centre VHU agréé)
Si vous avez remis votre véhicule à une casse, le formulaire de cession est toujours le Cerfa 15776, complété aux coordonnées du centre et de son numéro d'agrément. Le centre vous remet en échange un certificat de destruction. C'est ce certificat, combiné à votre exemplaire du Cerfa 15776, qui prouve la remise effective du véhicule. Ces deux documents suffisent devant l'OMP pour établir que vous n'étiez plus titulaire du véhicule au jour de l'infraction. Il n'existe pas de formulaire distinct pour les véhicules déposés en casse : c'est le même Cerfa 15776 avec les coordonnées du centre VHU.
Cerfa perdu : reconstituer le dossier avec d'autres preuves
Devant le tribunal de police, le juge accepte tout mode de preuve (art. 427 CPP) : un relevé bancaire, des SMS de transaction, une annonce archivée sur archive.org peuvent convaincre. Le Cerfa 15776 reste la pièce la plus solide parce qu'elle est spécialement prévue à cet effet, mais elle n'est pas la seule voie. Ce qui importe à l'étape OMP, c'est que votre réclamation soit motivée (expliquer par écrit la cession) et accompagnée de l'amende majorée. C'est à ce stade que se joue la recevabilité, pas la hiérarchie des preuves.
Quatre sources à explorer quand le Cerfa manque, par force décroissante devant l'OMP :
- 1
Le virement ou le chèque encaissé
Un relevé bancaire PDF avec le montant de la vente et la date suffit souvent. C'est daté, émis par un tiers (votre banque), et difficile à contester.
- 2
L'annonce de vente archivée
Si l'annonce Leboncoin ou La Centrale est encore en ligne ou archivée sur archive.org, capturez la page avec la date visible. Elle montre que le véhicule était à vendre avant l'infraction.
- 3
Les échanges écrits avec l'acheteur
SMS, mails, WhatsApp : la date de l'accord, la date de remise des clés, le montant convenu. Imprimez-les avec l'horodatage visible.
- 4
La déclaration ANTS a posteriori
Elle est utile mais limitée. La déclaration ANTS prouve que vous avez déclaré la cession à une date précise, pas que la vente a eu lieu avant l'infraction. Si vous l'avez faite après l'infraction, l'OMP peut objecter que c'est une déclaration tardive et unilatérale. Combinez-la avec d'autres éléments datés.
Déclaration ANTS tardive seule
Quand l'OMP ne répond pas ou refuse : ce qui se passe vraiment
L'OMP n'a pas d'obligation légale de répondre dans un délai fixe. La notion de "rejet implicite à 2 mois" du droit administratif ne s'applique pas ici : l'OMP est une autorité judiciaire, pas administrative. En pratique, trois issues sont possibles.
- Classement sans suite : l'amende est annulée. C'est le meilleur résultat.
- Irrecevabilité notifiée par LRAR : vous avez alors 1 mois pour contester cette irrecevabilité par LRAR (art. 530-1 CPP). Si vous contestez, l'OMP doit saisir le tribunal.
- Saisine du tribunal de police : c'est l'OMP qui décide de transmettre, pas vous. Le contrevenant ne saisit pas lui-même le tribunal dans ce schéma.
Si vous n'avez aucune réponse au bout de plusieurs semaines, relancez par LRAR en indiquant le numéro de dossier. La peine se prescrit par 3 ans (art. 133-4 Code pénal) : le titre exécutoire perd sa force si aucun acte d'exécution n'intervient dans ce délai.
Risque d'aggravation au tribunal