Recours · Amendes
Réclamation rejetée par l'OMP : que faire selon le motif
Le rejet de l'officier du ministère public n'est pas la fin du dossier. Mais la suite dépend du motif : une irrecevabilité de forme se conteste en un mois, tandis qu'une poursuite sur le fond vous amène devant le tribunal de police, saisi par le ministère public, pas par vous.
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ANTAI · Service-public
Mis à jour mai 2026
Vérifié à chaque évolution
Trois situations derrière le mot "rejet"
Le terme "rejet" recouvre trois situations différentes. La marche à suivre dépend de laquelle vous êtes.
- 1
Irrecevabilité de forme
L'OMP vous notifie que votre réclamation est irrecevable parce qu'elle n'était pas motivée ou n'était pas accompagnée de l'amende majorée (art. 530-1 CPP). Vous pouvez contester cette décision dans un délai d'un mois, par lettre recommandée avec accusé de réception (art. R49-18 CPP).
- 2
Poursuite sur le fond
L'OMP ne donne pas suite à votre réclamation et décide de poursuivre. C'est lui qui porte l'affaire devant le tribunal de police (art. 530-1 puis 531 et suivants CPP). Vous n'avez pas à saisir vous-même la juridiction : vous recevrez une convocation à l'audience.
- 3
Silence de l'OMP
L'OMP n'est pas tenu de répondre dans un délai fixe. Son silence n'est pas un rejet juridique. Si vous n'avez aucun retour au bout de 2 à 3 mois, relancez par lettre recommandée avec accusé de réception. La prescription de 3 ans (art. 133-4 CP) borne le risque de blocage prolongé.
En cas d'irrecevabilité : le recours en un mois
Si l'OMP vous notifie une irrecevabilité de forme (réclamation jugée non motivée ou non accompagnée de l'amende), vous disposez d'un délai d'un mois à compter de l'envoi de cette notification pour la contester (art. R49-18 du Code de procédure pénale).
Le recours se fait par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'officier du ministère public. Vous y démontrez que votre réclamation était bien recevable : motivation présente, amende jointe, pièces complètes. Joignez une copie de votre réclamation initiale et de la décision d'irrecevabilité.
Le piège du silence prolongé
En cas de poursuite : c'est l'OMP qui saisit, vous êtes convoqué
Quand l'OMP décide de donner suite, ce n'est pas vous qui saisissez le tribunal : c'est le ministère public qui transmet le dossier au tribunal de police (art. 530-1 puis 531 et suivants du Code de procédure pénale). Vous recevez alors une convocation. Votre rôle est de préparer votre défense pour l'audience, où le tribunal statue sur la réalité de l'infraction et sur le montant dû.
Pour l'audience, rassemblez :
- Vos identité et adresse complètes
- La référence exacte de l'amende contestée
- La copie de votre réclamation et de la décision de l'OMP
- L'accusé de réception de votre envoi à l'OMP
- Toutes les pièces déjà transmises, et toute pièce nouvelle utile
- Un exposé factuel synthétique de votre situation
Avocat ou pas avocat ?
La représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de police. Vous pouvez vous défendre seul à l'audience.
Si l'enjeu touche votre permis (retrait de points lié, suspension administrative en parallèle) ou si la procédure est devenue complexe (multiples pièces, points jurisprudentiels), le recours à un avocat spécialisé en droit routier devient pertinent. À noter : le retrait de points est une mesure administrative distincte, qui se conteste devant le tribunal administratif, pas devant le tribunal de police.
Et après le tribunal de police ?
Si le tribunal de police rejette vos arguments, un pourvoi en cassation devant la chambre criminelle de la Cour de cassation reste possible, dans un délai de 10 jours francs à compter du prononcé du jugement (art. 568 du Code de procédure pénale).
Ce recours porte uniquement sur la conformité au droit, pas sur la réalité des faits. En matière pénale, le condamné peut former lui-même la déclaration de pourvoi et déposer son mémoire sans avocat aux Conseils (art. 576 et 585 du Code de procédure pénale) ; le recours à un avocat spécialisé reste toutefois vivement conseillé compte tenu de la technicité des moyens de cassation. À réserver aux dossiers où l'enjeu dépasse largement le montant de l'amende.