Cas fréquent · Amendes

Amende pour non-respect du stop : montant, points et comment contester

Ralentir fortement sans marquer l'arrêt complet, c'est le geste de nombreux conducteurs. La loi, elle, exige un arrêt total. L'addition est lourde : 135 € et surtout 4 points. Comme cette infraction repose souvent sur l'appréciation d'un agent, sans photo ni mesure, la contestation reste possible, et son issue dépend de la preuve contraire apportée. Cette page détaille le montant, le risque réel sur vos points, et la procédure auprès de l'Officier du Ministère Public.

  • Méthode vérifiée

    Code de la route · Légifrance

  • Sources officielles

    Service-public · ANTAI

  • Mis à jour octobre 2026

    Textes vérifiés au 6 octobre 2026

Le non-respect d'un stop coûte 135 € (90 € en paiement rapide, 375 € en cas de majoration) et retire 4 points (contravention de 4ᵉ classe, art. R415-6 du Code de la route). Au stop, l'arrêt doit être total, à la limite de la chaussée : un simple ralenti ne suffit pas. Une suspension du permis reste possible : un tribunal peut la prononcer (3 ans au plus), et le préfet peut aussi la décider à titre provisoire (6 mois au plus). Sans preuve matérielle, la contestation repose sur la preuve contraire qui peut être apportée au procès-verbal.

L'amende, son montant, et le piège des 750 €

Au stop, l'article R415-6 impose de s'arrêter à la limite de la chaussée abordée, puis de céder le passage aux véhicules circulant sur l'autre route. Ne pas marquer cet arrêt est une contravention de la 4ᵉ classe. L'amende forfaitaire est de 135 €, ramenée à 90 € en paiement rapide, et portée à 375 € en cas de majoration. Le barème est celui de l'amende de 4ᵉ classe.

Le piège des 750 €

On lit parfois que cette amende peut atteindre 750 €. C'est juste, mais ce n'est pas la somme réclamée par courrier. Ce montant est le maximum qu'un tribunal de police peut prononcer pour une contravention de 4ᵉ classe (art. 131-13 du Code pénal). L'amende forfaitaire réellement appliquée reste 90 €, 135 € ou 375 € selon le délai. En cas de contestation suivie d'une condamnation par le tribunal de police, l'amende prononcée ne peut pas être inférieure au montant forfaitaire (ou au montant majoré si l'amende était déjà majorée) et peut aller jusqu'à 750 € (art. 530-1 CPP et 131-13 du Code pénal).

4 points en moins, et une suspension possible

Le vrai coût du stop grillé, ce sont les points. L'infraction retire 4 points de plein droit (art. R415-6), au moment où sa réalité est établie : par le paiement de l'amende forfaitaire, par l'émission du titre exécutoire de l'amende majorée (donc sans paiement, si les 45 jours passent sans paiement ni requête), par l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive (art. L223-1 du Code de la route). C'est un tiers d'un permis à 12 points qui part d'un seul contrôle. Pour un permis probatoire, dont le capital démarre à 6 points, la perte est encore plus lourde et peut conduire à l'invalidation du permis.

Une suspension du permis peut s'ajouter, jusqu'à 3 ans, comme peine complémentaire prononcée par une juridiction (art. R415-6). Le préfet dispose aussi d'une voie administrative : saisi du procès-verbal, il peut suspendre le permis à titre provisoire, 6 mois au plus, sans attendre le tribunal (art. L224-7 et L224-8 du Code de la route). Un agent peut en outre retenir le permis sur place après un accident ayant causé la mort ou un dommage corporel, si une infraction aux règles de priorité est plausiblement en cause, ou si le stop est constaté en même temps qu'un téléphone tenu en main (art. L224-1, I, 6° et 7°). Recevoir l'amende par courrier ne suspend donc pas le permis à elle seule, mais une décision préfectorale reste possible.

Ce que la loi appelle un arrêt : total, pas un ralenti

Toute la difficulté tient dans un mot : arrêt. Au stop, le véhicule doit être complètement immobilisé à la limite de la chaussée abordée (art. R415-6), c'est-à-dire à la ligne d'arrêt lorsqu'elle est tracée. Le « stop américain », qui consiste à ralentir très fortement puis à repartir sans jamais s'immobiliser, reste une infraction, même si la route est parfaitement dégagée.

Cette exigence est aussi ce qui rend l'accusation fragile. Savoir si un véhicule s'est réellement immobilisé une fraction de seconde relève de l'appréciation, surtout sans enregistrement. C'est le cœur des contestations possibles.

Les motifs qui peuvent faire tomber l'amende

Contrairement à un excès de vitesse mesuré par un radar, le stop est le plus souvent constaté par un agent, sans photo ni mesure : l'infraction repose alors sur ce qu'il a vu ou déclaré. La loi permet toutefois de la constater par un appareil de contrôle automatique homologué (art. R130-11, 7°), et l'amende est alors adressée au titulaire de la carte grise (art. R121-6, 7°). Les angles ci-dessous concernent le constat par un agent.

  • Le procès-verbal est irrégulier. Un procès-verbal n'a de valeur probante que s'il est régulier en la forme et rapporte ce que son auteur a constaté personnellement (art. 429 CPP, applicable devant le tribunal de police par l'art. 536). Une simple erreur matérielle, sur la date par exemple, ne suffit pas à l'écarter lorsque les faits ne sont pas contestés (Cass. crim., 4 février 2009, n° 08-85.251).
  • Le panneau stop était absent. L'obligation d'arrêt suppose une signalisation « stop » en place (art. R415-6). Le procès-verbal faisant foi jusqu'à preuve contraire, celui qui soutient que la voie ne comportait pas de panneau doit l'établir (Cass. crim., 10 février 2016, n° 14-86.604).
  • Vous avez bien marqué l'arrêt. Le procès-verbal fait foi jusqu'à preuve contraire, et cette preuve ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins (art. 537 CPP) : la seule affirmation « je me suis arrêté » ne suffit pas, alors qu'un témoignage, même unique, peut être retenu par le juge (Cass. crim., 28 mars 2017, n° 16-83.659).
  • La position de l'agent est discutable. Pouvait-il réellement voir votre roue à la ligne d'arrêt, depuis l'endroit où il se trouvait, dans ces conditions de visibilité ? Le procès-verbal ne vaut que pour ce que son auteur a constaté personnellement (art. 429 CPP), et un angle de vue incertain peut affaiblir le constat.

Contester étape par étape

  • Étape 1. Le bon destinataire. Toute contestation part à l'Officier du Ministère Public (OMP), jamais au procureur. Son adresse figure sur l'amende.
  • Étape 2. Amende initiale : 45 jours. Tant que l'amende est au montant forfaitaire, la requête en exonération (art. 529-2 CPP) s'adresse dans les 45 jours qui suivent la date de l'infraction lorsque l'agent remet l'amende sur place, ou la date d'envoi lorsque l'amende arrive ensuite par courrier (art. 529-1 CPP). Elle se dépose en ligne sur le site de l'ANTAI, ou s'envoie en lettre recommandée avec avis de réception à l'adresse de l'OMP.
  • Étape 3. Amende majorée : 30 jours. Si le montant est passé à 375 €, la démarche devient une réclamation (art. 530 CPP), dans les 30 jours suivant l'envoi de l'amende majorée (3 mois si elle a été adressée en recommandé).
  • Étape 4. Motiver et joindre les pièces. Une réclamation sans motif, ou sans l'amende majorée jointe, est irrecevable (art. 530, al. 3, et 530-1 CPP) ; l'ANTAI précise que c'est l'original de l'amende qui se joint. Le carrefour se décrit avec précision, et des photos ou un schéma peuvent s'ajouter. L'envoi se fait en recommandé avec avis de réception.
  • Cas particulier : amende reçue sans contrôle sur place. Si l'amende est arrivée par courrier au nom du titulaire de la carte grise, sans interception par un agent (art. R121-6, 7°, du Code de la route), la requête ou la réclamation n'est recevable que par lettre recommandée, avec le formulaire joint à l'amende et soit l'un des documents prévus à l'article 529-10 CPP, soit une consignation préalable (détail sur la page consignation).

Les erreurs qui font rejeter votre contestation

  • Écrire au procureur plutôt qu'à l'OMP. L'adresse de l'OMP figure sur l'amende ; un courrier envoyé ailleurs risque d'arriver après le délai.
  • Compter le délai depuis la réception. Les 45 jours courent depuis la date de l'infraction (amende remise sur place) ou depuis l'envoi (amende postée ensuite), et les 30 jours de l'amende majorée depuis son envoi. La date d'ouverture du courrier ne compte jamais.
  • Contester sans rien décrire de précis. « Je me suis arrêté » ne suffit pas. Il faut expliquer pourquoi, sur ce carrefour précis, le refus d'arrêt n'est pas établi.
  • Payer avant de décider. Le paiement vaut reconnaissance de l'infraction et des 4 points. Il vaut mieux décider d'abord, et ne payer que si la réponse est non.

Questions fréquentes

Réponses aux questions les plus souvent posées sur ce cas.

Un stop grillé fait perdre combien de points ?
4 points, de plein droit. C'est une contravention de 4ᵉ classe (art. R415-6), avec une amende de 135 €, 90 € en paiement rapide, 375 € en cas de majoration.
Faut-il vraiment s'arrêter complètement à un stop ?
Oui. L'arrêt doit être total, roues immobiles, à la limite de la chaussée. Ralentir fortement sans s'immobiliser (le « stop américain ») reste une infraction, même si la route est dégagée.
Peut-on contester une amende de stop ?
Oui, auprès de l'OMP, dans les 45 jours pour l'amende initiale et dans les 30 jours après majoration. L'infraction est le plus souvent constatée par un agent, sans photo ni mesure, mais un appareil de contrôle automatique homologué peut aussi la constater (art. R130-11, 7°). Le procès-verbal fait foi jusqu'à preuve contraire, apportée par écrit ou par témoins (art. 537 CPP) : la régularité du procès-verbal, l'absence du panneau stop, le déroulé de l'arrêt et la position de l'agent sont les points généralement discutés.
Un stop grillé peut-il faire perdre le permis ?
Pas directement. L'amende retire 4 points. Une suspension reste possible : par un tribunal, jusqu'à 3 ans, ou à titre provisoire par le préfet, 6 mois au plus (art. R415-6, L224-7 et L224-8 du Code de la route). Si les 4 points ramènent le solde à zéro, le permis est invalidé.

La méthode complète pour contester, sans avocat.

Une amende majorée à 375 € peut être ramenée au montant initial par une réclamation motivée, envoyée avant l'expiration du délai légal : la méthode Praticum en détaille chaque étape sur la page amende forfaitaire majorée.